Qu'est-ce que l'adénome de la prostate ?

L'adénome de la prostate, appelé également "hypertrophie bénigne de la prostate" ou "hyperplasie bénigne de la prostate" (HBP) correspond à l'augmentation de volume de la glande. Ce n'est pas un cancer.

Le poids de la prostate augmente de la naissance à l'âge adulte pour se stabiliser entre 15 et 20 grammes. À partir de 40 ans, cette glande augmente progressivement de volume. Au-delà d'un certain volume, cette hypertrophie va comprimer l'urètre et gêner la vidange de la vessie. La maladie se manifeste alors par de nombreux signes urinaires permettant de suspecter un adénome de la prostate.
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L'adénome de la prostate n'augmente pas le risque de cancer de la prostate.
L'adénome de la prostate et le cancer de la prostate sont deux maladies différentes mais elles peuvent parfois coexister

Qu'est-ce que la prostate ?

La prostate est une glande du système reproducteur masculin, de la grosseur d'une châtaigne, entourée par une enveloppe fibreuse de protection. Elle est située sous la vessie, en avant du rectum. Elle entoure l'urètre, canal qui sort de la vessie et qui permet d'évacuer l'urine.

La prostate sécrète le liquide qui compose le sperme. Elle fonctionne grâce aux androgènes, hormones sexuelles produites par les testicules et les glandes surrénales.

Adénome de la prostate : symptômes, diagnostic et complications

L’adénome de la prostate se manifeste par des anomalies urinaires (douleurs, besoins fréquents d’uriner, etc.) évoluant progressivement. Après avoir jugé de la sévérité de l’affection, le médecin établit le diagnostic grâce à un test urinaire et un toucher rectal. S’il n’est pas traité, l'adénome peut entraîner des complications allant de l’infection urinaire à une atteinte de la fonction rénale.
Les symptômes de l'adénome de la prostate
Les principaux symptômes d’un adénome de la prostate sont des symptômes urinaires, dus à l'augmentation de volume de la prostate qui comprime l'urètre, gênant ainsi la vidange de la vessie.
Ils apparaissent progressivement et varient dans le temps. Ils retentissent sur la qualité de vie.

Les signes d'hypertrophie de la prostate les plus courants sont :

  • un besoin fréquent d'uriner, de jour comme de nuit ;
  • des douleurs en urinant ;
  • la sensation de ne pas avoir entièrement vidé sa vessie après avoir uriné ;
  • l'envie d'uriner une nouvelle fois, moins de deux heures après avoir fini d'uriner ;
  • le besoin urgent d'uriner ;
  • l'interruption du jet d'urine (un démarrage du jet, suivi d'un arrêt puis d'un redémarrage) ;
  • une diminution de la force ou de la taille du jet d'urine ;
  • l'obligation de forcer sur la vessie pour uriner ;
  • des réveils nocturnes fréquents pour uriner (jusqu'à cinq fois par nuit) ;
  • une impossibilité brutale d'uriner, ou une rétention aiguë d'urine, avec la sensation désagréable d'avoir la vessie pleine ;
  • des fuites urinaires ;
  • un jet éjaculatoire moins important qu'auparavant.
  • Si le patient ressent de tels symptômes, il est important qu'il en parle à son médecin traitant. Ce dernier peut évaluer la sévérité de la gêne liée à l'hypertrophie de la prostate en remettant un auto-questionnaire au patient pour caractériser les symptômes urinaires.

Le diagnostic de l'adénome de la prostate

À partir des symptômes décrits par le patient, le médecin peut faire le diagnostic de l'adénome de la prostate par un examen médical : le toucher rectal.

Le toucher rectal

Le médecin palpe la prostate en introduisant son index, protégé par un gant, dans le rectum. Ce geste médical non douloureux permet de vérifier le volume, la surface et la consistance de la prostate.

En cas d'adénome, la prostate est augmentée de volume. Ses bords sont réguliers, sa surface est uniforme, symétrique, sans nodule, et sa consistance est ferme sans être dure ou "pierreuse".

Les traitements de l'adénome de la prostate

Le choix du traitement
Le choix du traitement de l'adénome de la prostate dépend de l'importance de la gêne ressentie, du volume de l'adénome, de son retentissement dans la vie de tous les jours et de l'état de santé général du patient.

Plusieurs solutions existent :

  1. la simple surveillance peut être proposée lorsque la gêne est légère ou bien supportée, qu'il n'existe pas de complications et que la vessie se vide bien ;
  2. les traitements médicamenteux sont indiqués lorsque la gêne est modérée.
  3. Les traitements médicamenteux

Il existe différentes classes de médicaments, dont les principales sont :

les alpha-bloquants qui luttent contre la contraction des voies urinaires et permettent d'uriner facilement. Les bénéfices se font sentir au bout de deux jours de traitement et les effets secondaires sont peu fréquents (vertiges, hypotension orthostatique, palpitations, absence d'éjaculation) ;
les inhibiteurs de la 5-alpha-réductase qui diminuent le volume de la prostate de 25 à 30 % au bout d'un an. Il existe fréquemment des effets secondaires : baisse de la libido et problème d'érection.
L'intervention chirurgicale comme traitement de l'adénome de la prostate
La chirurgie de l'adénome de la prostate peut être proposée lorsque :

le traitement médicamenteux est inefficace ;

  1. la gêne est importante ;
  2. il y a une complication.

Il existe différentes techniques chirurgicales :

  • la résection transurétrale de l'adénome de la prostate par endoscopie. Les effets secondaires peuvent être une éjaculation rétrograde (dans 75 % des cas) et une incontinence urinaire (dans 1 % des cas) ;
  • la thermothérapie par radiofréquence par endoscopie urétrale. La principale complication peut être une rétention aiguë d'urine ;
  • l'incision cervico-prostatique consiste à pratiquer une petite incision de la prostate par voie endoscopique pour élargir le col vésical. Les effets secondaires peuvent être : une éjaculation rétrograde (dans environ 25 % des cas) et une incontinence urinaire (dans environ 1 % des cas) ;
  • l'adénomectomie ou ablation chirurgicale de l'adénome. Les effets secondaires peuvent être une éjaculation rétrograde dans environ 75 % des cas et une incontinence urinaire dans environ 1 % des cas ;
  • la pose de prothèses (stents) dans le canal par lequel s'écoule l'urine (l'urètre) peut être proposée pour faciliter l'écoulement de l'urine. Ce traitement est proposé aux personnes qui ne sont pas opérées.
  • Vivre avec l'adénome de la prostate
  • La nécessité d'un suivi médical au long cours
  • Si vous avez un adénome de la prostate, il est essentiel d'avoir un suivi médical. Votre médecin traitant fixera avec vous la fréquence des consultations nécessaires. En effet, l’examen clinique permet de suivre l'évolution du volume de votre prostate, l'importance des symptômes et leur retentissement sur la qualité de vie. Le suivi médical permet également de vérifier l'efficacité du traitement.

Voici quelques recommandations pour contribuer au mieux à votre suivi :

  • mettez en pratique les conseils de votre médecin pour avoir un meilleur confort de vie ;
  • pour une bonne efficacité de votre traitement, respectez-le et ne l’interrompez jamais sans en parler à votre médecin traitant ;
  • avertissez votre médecin devant tout symptôme inhabituel ou nouveau qui vous inquiète (ex. : majoration de la gêne urinaire, fièvre...) ;
  • si vous consultez d’autres professionnels de santé, indiquez-leur le traitement que vous prenez ;
  • n'utilisez pas de médicaments sans avis médical ; certains peuvent augmenter les symptômes. Demandez l'avis de votre médecin traitant ou de votre pharmacien ;
  • signalez aussi tout effet indésirable dû au traitement, pour chercher comment l’atténuer ou le prévenir ;
  • si vous avez été opéré et que vous présentez des troubles sexuels (éjaculation rétrograde) ou une incontinence urinaire (fuites urinaires) même peu importante, parlez-en à votre médecin. Des traitements sont possibles.
  • Les conseils d'hygiène de vie pour prévenir les complications

Pour prévenir les complications liées à l'adénome de la prostate, vous pouvez adopter ces quelques conseils :

  • prenez le temps de bien vider votre vessie lorsque vous urinez ;
  • urinez lorsque vous en avez envie, afin d'éviter la distension vésicale ; sinon, urinez spontanément toutes les quatre heures, avant d'en avoir envie ; adaptez votre consommation d'eau à votre emploi du temps. Par exemple, évitez de trop boire avant un long trajet en voiture ou avant le coucher.